La loi du plus faible, John Grisham

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La loi du plus faible, John Grisham

Message par Jacques Teissier le Ven 18 Juin - 12:57

Fiche : La loi du plus faible
Présentation de l'éditeur :

Il avait toutes les cartes en main pour devenir l'un de ces riches associés sans états d'âme qui font prospérer les gros cabinets juridiques de Washington. Une prise d'otages commise par un S.D.F désespéré va totalement bouleverser sa vie... Le mettre face à la réalité de ces milliers d'exclus que personne n'écoute. Faire voler en éclats son existence de jeune avocat d'affaires ambitieux et talentueux. Et l'entraîner dans un bras de fer à hauts risques contre son ancien employeur afin que triomphe une certaine idée de la justice : la défense du plus faible.


Mon point de vue :

Ce bouquin est sorti il y a cinq ans, mais je ne l’ai lu que maintenant. Première chose : John Grisham a le sens du suspense. Tout comme Guy Bedos pour l’humour, il serait capable de nous faire frémir avec un scénario tiré de l’annuaire téléphonique. Car la trame peut paraître mince si l’on se contente de la raconter en occultant ce qui fait la substance, la chair du livre : son écriture.

Michael Brock est un jeune avocat ambitieux qui gagne 120 000 dollars par an en travaillant dans un cabinet d’avocats et va même sans doute, très prochainement, atteindre le million de dollars annuel. Tout va bien pour lui, donc. En apparence seulement : son couple se déglingue, sa femme Claire est tout autant préoccupée par son travail de médecin qu’il l’est par son boulot d’avocats, ils n’ont plus guère de temps pour se parler, à peine pour se voir. Sa vie bascule le jour où un SDF pénètre, bardé de dynamite, dans l’immeuble luxueux du cabinet d’avocats Drake & Sweeney dont il est l’un des fleurons pour y perpétrer une prise d’otages. Que veut-il au juste, ce SDF ? Les avocats pris en otage n’ont pas le temps de la savoir : il est abattu par la police et son sang gicle sur Michael Brock.

C’est suffisant pour que ce dernier, choqué, se décide à prendre contact avec des bénévoles s’occupant des SDF dans la ville de Washington afin de comprendre les raisons qui ont poussé le preneur d’otages à ce geste de désespoir.

C’est sans doute le moins réussi du livre. L’histoire aurait gagné en crédibilité si John Grisham avait insisté sur les raisons qui pouvaient inciter le jeune et brillant avocat à passer « de l’autre côté du miroir » doré de sa société d’opulence, pour entrer dans le monde de la pauvreté extrême. Ce basculement existentiel, point de départ du roman, est trop rapidement expédié pour être convaincant.

Cette faiblesse oubliée, il reste une histoire bien racontée, bien menée, des personnages campés avec talent. Grisham sait, en quelques mots, poser un personnage : « Abraham est entré. Un petit bonhomme tout en nerfs d’une quarantaine d’années ; on reconnaissait d’emblée un avocat ayant à cœur le bien public. Juif, barbe noire et lunettes à monture d’écaille, blazer froissé, pantalon tire-bouchonné et chaussures crasseuses ; il était baigné de l’aura de ceux qui essaient de sauver le monde. »
Le scénario est mince : Michael découvre que sa société est responsable d’expulsions illégales, dont l’une d’elle a provoqué la mort d’une jeune femme et de ses enfants. Il va alors changer de camp, s’opposer à la direction de sa société –devenue très vite son ex-société- pour faire triompher la « loi du plus faible » et obliger Drake & Sweeney, à payer le prix fort ses pratiques criminelles.

Mais la minceur du scénario n’a que peu d’importance. Le cœur du roman, son intérêt principal se situe ailleurs : dans l’opposition entre le monde de la misère et celui de la plus extrême richesse, deux mondes qui se côtoient sans jamais se rencontrer, chacun des deux étant consubstantiel à l’autre, chacun d’eux ne pouvant exister sans l’autre. Le choc éprouvé par Michael, devenu l’avocat des sans-abri, lors de sa découverte de ceux qui n’ont rien, est succulent de justesse et de vérité.

Sans avoir l’air d’y toucher, Grisham aborde aussi la question de la réponse à apporter à la misère : réponse individuelle (charité) ou collective (prise en charge par la société). Sans doute, le point du vue américain sur cette question diffère-t-il sensiblement du nôtre, mais ces questions soulèvent des échos pas si lointains et toujours actuels chez le lecteur français.

Il ne faut pas attendre de ce roman une analyse radicale (politique) des causes de la misère, une remise en cause globale d’une société dont la structure même sécrète de si effarantes disparités. Il ne s’agit que d’un thriller, et il ne prétend à rien d’autre. Mais c’est, incontestablement un bon thriller, dans lequel l’intérêt du lecteur ne faiblit jamais. Malgré la faiblesse évoquée plus haut, vous serez pris par l’écriture et la maîtrise de l’auteur et vous aurez du mal à vous en détacher. C’est un roman que je recommande à tous les amateurs de thrillers.

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Re: La loi du plus faible, John Grisham

Message par Paul Colize le Ven 18 Juin - 12:59

Je trouve que hormis La Firme, Grisham n'a rien fait de marquant depuis.
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Message par Elisa Vix le Ven 18 Juin - 13:20

J'ai bien aimé "La loi du plus faible".
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Message par Paul Colize le Ven 18 Juin - 13:21

Tu dis ça rien que pour m'embêter.
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Message par Elisa Vix le Ven 18 Juin - 13:24

Tu l'as lu ?
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Re: La loi du plus faible, John Grisham

Message par Paul Colize le Ven 18 Juin - 13:25

Non, mais j'ai un copain dont le frère de la femme de ménage l'a lu et il a pas aimé.
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Message par Elisa Vix le Ven 18 Juin - 13:27

C'est bien ce que je pensais...
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Re: La loi du plus faible, John Grisham

Message par Le drone le Lun 21 Juin - 13:35

Paul Colize a écrit:Non, mais j'ai un copain dont le frère de la femme de ménage .

Ca veut dire que l'information est passée du frère à la femme de ménage, a ton copain et a toi. tout ça sans facebook.
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Re: La loi du plus faible, John Grisham

Message par Paul Colize le Lun 21 Juin - 17:52

Rien ne vaut le contact direct.
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