Le Fantôme de Baker Street, de Fabrice Bourlaud

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Le Fantôme de Baker Street, de Fabrice Bourlaud

Message par Sheherazade le Sam 25 Avr - 15:14

En 1932, à Londres, le quartier de Whitechapel tremble à nouveau ; une vague de crimes atroces rappellent aux habitants les horribles crimes de Jack l’Eventreur. Même les beaux quartiers du West End ne sont guère épargnés par une vague de meurtres.

Andrew Singleton et son ami, James Trelawney, se sont recontrés à l’université de Boston, au cours d’études qui les ennuyaient autant l’un comme l’autre. Ils se sont installész à Londres où ils ouvrent une agence de détectives – James est l’homme d’action, Andrew est l’intellectuel plutôt réfugié dans les livres. Nos jeunes limiers, faut-il le spécifier, sont de fervents admirateurs de Sherlock Holmes et espèrent pouvoir un jour résoudre des enquêtes aussi passionnantes que le célèbre détective.

Alors qu’ils commencent à se demander s’ils pourront s’occuper un jour d’autres choses que de filatures de maris infidèles, voilà que sonne à leur porte Mrs. Arthur Conan Doyle, veuve du père de Sherlock Holmes.
Mrs. Doyle leur amène une affaire des plus étranges : le 221 Baker Street, habité par un major et son épouse, serait hanté ! sans cesse, le couple est dérangé par des bruits dans le salon de l’étage où point que l’épouse du major s’est réfugiée dans leur propriété du Devonshire.
Mais s’étonnent nos jeunes limiers : 221 Baker street était bien une adresse fictive ? Ce n’est plus le cas depuis que la municipalité ait décidé d’étendre Baker Street, compte tenu du succès de l’adresse. D’ailleurs le major est exaspéré par tout le courrier adressé à Holmes !

Par ailleurs, Mrs. Doyle leur explique que, peu avant de mourir, son époux lui a dit « le personnage est dans la boîte, il faut qu’il y reste ! » ; pour l’épouse de l’écrivain, il faut enquêter et respecter cette volonté du défunt, il y va de la sauvegarde de l’humanité. Pour Andrew, qui a une formidable mémoire, les crimes ressemblent furieusement à ceux commis par Jack l’Eventreur, Dr. Hyde ou Dracula.

Pour savoir si la maison est hantée, une seule solution : le spiritisme ! Il n’en faut pas plus pour exaspérere Andrew Singleton dont le père s’est réfugié dans le spiritisme à la mort à la mort de son épouse peu après la naissance du bébé Andrew. Force va pourtant falloir à Andrew d’admettre qu’il avait peut-être tort d’être aussi sceptique.
Avec l’aide du Dr Dryden et d’une société de spiritisme, nos jeunes détectives vont découvrir des faits qui vont bien au-delà de la simple enquête policière.
Leur enquête les mènera – avec l’aide du fantôme de Baker street - jusqu’au cimetière d’Highgate où tout va se jouer au cours d’une nuit des plus dramatiques.

Guère facile à résumer ce passionnant « Fantôme de Baker street ». Après une entrée en matière un peu longue et fastidieuse = notes fictives de l’éditeur, ainsi que la relation d’un article tout aussi fictif dans le « Toronto Daily news » du 26 juillet 1932, le livre « décolle » enfin. La légère sensation d’ennui qui s’est installée avec ces deux courts chapitres disparaît tout aussi soudainement. L’histoire m’a alors totalement accrochée et je n’ai plus lâché le livre (sauf pour dormir un peu).

C’est fascinant de part en part. 0n y découvre une face d’Arthur Conan Doyle que peu de personnes connaissent, à savoir sa passion pour le spiritisme.
Mais surtout ce livre est un hommage formidable à la littérature victorienne, qui m’a fait penser à « The League of Extraordinary Gentlemen », le roman graphique d’Alan Moore et Kevin O’Neill.

On mêle hardiment naturel et surnaturel, il y a un peu d’humour, de l’émotion et une très belle phrase de l’auteur, via Andrew Singleton, que j’ai noté au passage et sur laquelle je terminerai mon résumé à propos d’un livre qui a déjà passionné bien des lecteurs et lectrices et que je recommande vivement tant pour son côté ludique que captivant.

Si vous aimez les personnages se promenant dans les pages du Dorian Gray d’Oscar Wilde (un grand ami de Conan Doyle), ou dans les pages d’H.G. Wells, de R.L. Stevenson ou Bram Stocker, précipitez-vous. Vous retrouverez dans ce livre toute l’ambiance de cette littérature fascinante.

Comme promis, je cite ici la phrase tirée du livre qui m’a particulièrement interpelée, probablement parce que je m’y retrouve complètement =
« … j’étais capable de dévorer des tonnes d’ouvrages, sur les sujets les plus légers comme les plus ardus… Tous les genres trouvaient grâce à mes yeux. Ce goût immodéré pour les livres dénotait certes une soif de connaissance, mais trahissait aussi une propension certaine à fuir la vie réelle, ses peines comme ses plaisirs. »

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